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Un piano mécanique à dos, chez l’Oncle Sam

(par Philippe BEAU) - Article paru dans le n° 101 de la Revue Musiques Mécaniques Vivantes de l’AAIMM

jeudi 26 janvier 2017

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Un piano mécanique à dos, chez l’Oncle Sam...
Comme le titrait si justement Arnaud Moyencourt dans son article paru dans notre revue Musiques Mécaniques Vivantes n° 95, « Le piano à dos est bien un instrument qui a beaucoup voyagé ». Preuve en est celui qui vient de rejoindre ma collection et qui arbore fièrement le nom d’un revendeur américain – The Englewood Co. –
par Philippe BEAU

Voir et entendre ce piano mécanique

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Le label, sous la forme d’une décalcomanie, est apposé très visiblement sur la face avant du piano.
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Le même label apposé sur un phonographe

Si l’origine du nom de la société Englewood m’est inconnue, nous savons qu’un quartier situé au sud de Chicago porte cette appellation. The Englewood Co vendait par correspondance, semble-t-il, de nombreux appareils musicaux sous le label « Musicalphone ». On retrouvait, entre autres, des phonographes tout droit inspirés, voire même fabriqués, par la célèbre firme Columbia. Ces derniers étaient estampillés sur la caisse, et même gravés de la marque sur leur potence. Donc, dans la série instruments revendus et proposés par cette entreprise, se trouvait aussi de toute évidence, des pianos mécaniques à dos…

Ce bel appareil, restauré comme il se doit par mon ami Marcel Mino « le Roi du piano », conserve encore certains secrets.

Tout d’abord, il reste difficile à dater avec précision. Probablement de la seconde partie du XIXe siècle, avec un cylindre « repiqué » plus tardivement.

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Indication peu lisible sur la table d’harmonie. Pourrait être le nom du fabricant.

Côté fabricant, une trace écrite sur la table d’harmonie, semble indiquer un certain « J. Croffuto » (sous réserve) suivi d’une adresse indéchiffrable (N° 28…). Cela pourrait laisser penser à un facteur de pianos italien…

Rien de surprenant à cela puisque nous savons que des fabricants italiens ont émigré sur cette période aux Etats-Unis. Mais, rien de certain non plus car notre appareil possède des timbres, ce qui n’était pas monnaie courante sur les pianos italiens…

Mais nos amis Franco Severi et Marco Gianotto, grands spécialistes du genre, sont certains que sa fabrication est… britannique. En effet, le style dans son ensemble, la forme du couvercle, les chevilles et la manivelle indiquent clairement que le fabricant ne serait autre que le célèbre Joseph Hicks de Bristol, à qui certains attribuent l’invention des pianos mécaniques au début du XIXe siècle. La réputation du savoir-faire de Hicks n’étant plus à faire, cela explique que, d’un point de vue technique, l’instrument est de bonne facture

Il est de taille modeste, 42,5 cm de large pour 93,5 cm de haut. Il est d’une sonorité franche qui met en valeur ses 8 airs à résonance « folklore américain ». Il est composé de 25 marteaux dont 3 pour les timbres, qui peuvent être supprimés par une manette sur le côté.

Son changement d’air est classique, par le biais d’un axe cranté, permettant un déplacement latéral du cylindre. On remarquera sa belle manivelle en façade, en forme de « S », prolongée d’une vis sans fin en laiton, pour l’entraînement de la mécanique. On remarquera que la roue dentée qui permet la rotation du cylindre est, elle aussi, en métal. C’est important à signaler, car ceci est un signe de fabrication soignée. On les trouve plus fréquemment en bois. Les chevilles qui étaient en bon état de conservation, ont également une forme particulière. Leur embout rectangulaire nécessita la fabrication d’une clef d’accord adaptée. Mais ce fut une « broutille  » pour notre cher spécialiste, Marcel Mino, qui ne manqua pas d’ajouter fièrement, tout en tournant la manivelle de mon piano... ’Encore un de sauvé !’

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Vue générale sur l’instrument, dégagé des panneaux de protection.
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Vue plongeante sur le mécanisme et les marteaux qui frappent les cordes.
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Forme en rectangle, inhabituelle, du bout des chevilles.

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