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Convention 2015 de la Musical Box Society International (MBSI) à Los Angeles

(par Jean-Marc LEBOUT) - Article paru dans le n° 96 de la Revue Musiques Mécaniques Vivantes de l’AAIMM

mardi 6 octobre 2015

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66e Convention de la Musical Box Society International du 1er au 5 septembre Hollywood - The golden years
par Jean-Marc LEBOUT

Voir la vidéo des principaux événements de la Convention

Organisée par l’association américaine des collectionneurs de musique mécanique, cette réunion est la plus importante manifestation du genre puisqu’elle s’étend sur cinq journées, égayée de nombreuses visites de collections privées et de divers ateliers et animations. Vu la taille du pays, l’association est subdivisée en chapitres et, cette année, c’est le chapitre de Californie du Sud qui était en charge de l’évènement.

Plus de deux cents personnes y ont participé cette année dont vingt-cinq Européens parmi lesquels la Présidente anglaise Alison Bidden et le Président suisse André Ginesta.

L’AAIMM y était représentée par Michel Trémouille et moi-même. Cette forte participation étrangère s’explique en grande partie par la richesse des collections visitées, l’excellent état de fonctionnement des instruments qui s’y trouvent et, en général, une présentation digne de musées. L’ambiance de ces visites et l’accueil qui nous y sont réservés achèvent de rendre ces moments passionnants et inoubliables. C’est surtout, pour nous Européens, l’occasion de voir des instruments construits chez nous et devenus parfois rarissimes. Il est impossible de s’étendre sur tous les instruments vus, mon compte rendu ne pourra qu’être réducteur de ce qui nous a été donné de voir.

Dans cette habitation, cohabitent trois orgues de café : un Arburo de 96 touches et deux Decap ( !!) de même que de nombreux orchestrions américains dont ce modèle Link R à papier à musique sans fin qui regroupe 15 airs différents.

Ce fabricant n’a jamais franchi l’Atlantique ni cherché à investir la vieille Europe.

Amateurs d’art forain, les propriétaires ont parsemé, entre les instruments, un véritable bestiaire d’animaux de manège dont cette curieuse girafe, sujet qui ne se voit pas habituellement en Europe.

Cette villa moderne de rêve, située en bordure de la plage, sert d’écrin à une somptueuse collection d’une quarantaine d’automates.

Tous les grands automaticiens parisiens sont présents et, durant plus d’une heure, le maître des lieux nous enchante avec ceux-ci.

Honneur à la pièce la plus rare, une ‘Danseuse cambodgienne’ créée par Gaston Decamps après 1906 (faisant suite au ballet exotique proposé au théâtre du Pré-Catelan à Paris par le roi du Cambodge Sisowath Ier) et dont il n’existe que trois exemplaires répertoriés à ce jour. Ondulation du bassin, mouvement gracieux des mains et de la tête, l’artisan a su transmettre toute la grâce des mouvements à cette danseuse.

Plus ‘classique’ mais toujours saisissant, un ‘Clown acrobate’ de Gustave Vichy multiplie les prouesses tout comme un ‘Escamoteur’, un ‘Paysan et son cochon’, des automates fumeurs dont le célèbre ‘ Noir de la Louisiane’ tous de Vichy.

Ce choix très éclectique comprend aussi l’adorable ‘Clown sur la pleine lune’ de Roullet et Decamps et un tout aussi extraordinaire couple de danseurs (Théroude ?) de 90 cm de haut et qui valse dans le très large hall d’entrée…

Une collection ciblée et bien équilibrée, sans profusion d’instruments mais représentatifs de ce qui a été fait.

Parmi ceux-ci, un Welte Cottage 3, un Weber Otero, un Violon Mills, deux Seeburg.

Une importante collection de boîtes à musique à cylindre et à disque est bien mise en valeur ce qui tranche avec d’autres collections qui, même si ce type d’instruments y est présent, n’est que rarement mis en avant dans la présentation.

Là aussi le choix est méticuleux avec la présentation de deux boîtes à ouvertures (Nicole Frères et une non signée) mais aussi une Ducommun Girod à gros cylindre permettant 3 airs au tour (#21522).

Fort rare, parce que liée à une courte période dans leur pourtant longue et fructueuse association, un petit cartel estampillé Frères Nicole (#10611) joue avec toute la finesse d’un clavier François Nicole.

Les instruments à disque sont bien choisis ; parmi ceux-ci, un Lochmann ‘Original’ à cloches tubulaires, une horloge Symphonion type Eroïca et une Regina Orchestra.

De façon dynamique, Madame Schack et Monsieur Persky se relayent dans la présentation et les explications.

Les quatre bâtiments s’articulent autour d’une cour centrale, la collection y est répartie selon les thèmes :

Christian Eric présente la partie boîtes à musique, principalement à disque avec un rare Symphonion de table à double disque, jouant à l’unisson, totalement différent dans la conception du triple disque ‘Eroïca’.

Frank et son fils présentent la pièce dédiée aux orchestrions et orgues de café qui est fort riche : parmi les instruments jouant, j’ai noté un beau Imhof et Mukle Tribut (piano, flûtes violon et diverses percussions), un Weber Styria, un Pierre Eich Solophone et deux ‘Violon Mills’ midifiés jouant en série.

Un rare Remond Duwyn, petit fabricant d’orgue bruxellois est visible mais en attente de restauration.

Dans la cour, un puissant orgue de manège Poirot Frères à Mirecourt répond à un orgue de rue hollandais de Carl Frei tout aussi puissant.

Deux passions ont animé le fondateur, les voitures et la musique mécanique avec une prédilection pour les gros instruments. Cette collection s’est constituée très tôt, il met la main sur trois pièces qui se sont avérées, par la suite, être uniques : un Popper Goliath, un Welte Wothan et un Hupfeld Exelcior Pan Orchester.

La salle de musique, qui outre les trois instruments déjà cités, contient aussi un Phonolizst-Violina, un orgue de café Mortier, un Welte cottage et bien d’autres instruments mais aussi un orgue de théâtre Wurlitzer.

La console est disposée au milieu de salon et l’instrumentation dans des chambres closes situées dans les coins de la pièce.

La musique émise par les 5300 tuyaux, répartis en 74 registres et accompagnés de bruitages typiques de ces instruments pour ‘spectacle complet’, enveloppe complètement le public… c’est magique !

On ne se lasse pas d’une telle féérie…

Les ateliers de réparation sont situés dans l’enceinte même de la fondation qui effectue tous les travaux en interne. La roulothèque est elle aussi exceptionnelle avec plus de 4.000 rouleaux pour pianos et orgues reproducteurs.

Mon attention est attirée par un système de lecture de bande métallique et non de papier. A mes tout débuts d’intérêt pour la musique mécanique, j’avais vu un système semblable dans l’antre du brocanteur ‘Au Siffleur’ situé place du Jeu de balles à Bruxelles : un piano avec des percussions et cette bande métallique.

L’instrument était seulement en dépôt chez lui, il n’a pas pu ou voulu me donner une explication à son sujet puis un jour, il disparut du magasin. Il m’aura fallu attendre 25 ans pour obtenir cette explication du conservateur, Kyle Irvin, qui nous a commenté cette visite passionnante. Ce système a été mis au point par ‘The Telelectric Company’ – Pittsfield – Massachussetts spécifiquement pour les instruments pneumatiques qui étaient embarqués sur les bateaux qui assuraient les longues traversées atlantiques ou pacifiques. Le papier à musique sensible à l’humidité et plus fragile devait être très régulièrement remplacé. La bande de laiton perforée était résistante et insensible à l’humidité et à l’oxydation. Ce petit créneau de la musique mécanique maritime a donné lieu à ce développement qui existe en modèle 65notes dénommé Tel-Electric et en 88 notes Telektra. L’appareil peut être intégré au piano ou en être distinct comme nous le voyons ici. Cette société a été seulement active entre 1905 et 1918.

Vous allez me dire : ‘Il n’y a que de la musique mécanique !’

Je vais vous répondre : Heureusement ! mais, les organisateurs ont aussi pensé à d’autres centres d’intérêt :

  • Croisière sur le yacht de John Wayne
  • Soirée avec l’orchestre ‘Crazy Rhythm Hot’ et un répertoire de chansons des années 1920, début 1930
  • Projection de films muets par Joe Rinaldo avec le projecteur à manivelle de 1908 qu’il a restauré et qui sont accompagnés par Dean Mora au piano ; nous étions à la première d’un film de Georges Méliès…
  • Soirée spectacle et pique-nique à Hollywood Bowl pour la projection de E.T. de Steven Spielberg avec l’orchestre philharmonique de Los Angeles pour la bande son du film.

La convention est donc variée dans ses centres d’intérêt.

Une journée entière est consacrée aux ‘heures culturelles’, une dizaine d’intervenants proposent de partager leur connaissance et savoir-faire.

Cinq journées d’intensives découvertes pour ceux qui savent ouvrir l’oeil et le bon.


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